Poésie

Cadence

Profite
Belle fille
Petite fée de l'été
Que ta danse Cadence
La vie ensoleillée

Défile
Belle fille
Petite fée de l'été
Que ta danse Cadence
L'ivresse de mes pensées

Joues
Belle fille
Petite fée de l'été
Que ta danse Cadence
Le rythme de nos baisers

Dégage
Belle fille
Petite fée de l'été
Que ta danse Cadence
La transe de mes regrets

Reviens
Belle fille
Petite fée de l'été
Que ta danse Cadence
Mes rêves oubliés

Adieu
Belle fille
Petite fée de l'été
Que ta danse Cadence
La mémoire de mon respect

Toujours
Belle fille
Petite fée de l'été
Que ta danse Cadence
L'esprit de liberté

Solitudes

Aux confins de la zone
D'un éclat de verre et d'argent
A surgi la glace de Babylone

Et les filles y défilent
Comme d'autres sur les trottoirs

Aguichant les passants
Désireux d'un soir
De trouver dans ce trou
Vicieux et malicieux
Le plaisir du temps
Qui un instant seulement
S'estompe

Raphaëlle 355

Petite fée de sous les ponts
Le doigt levé
Au bord de mon chemin
Qui crochète en passante
Les verrous de mon quotidien
Et nous voilà partis
Bifurquant de l'initiale destinée
La tête embrumée de vers
Les yeux remplis d'étoiles filantes
Vers le soleil levant
Par les chemins détournés
Qui rendent possibles les rêves humains

Ombres

Quel étrange amour
Celui que vous portent les ombres

Sous le soleil
Si fidèles
A vos pieds accrochées
Elles suivent pas à pas
Et parfois même
Vous devancent

Puis disparaissent
S'évanouissent
Quand le ciel s'obscurcit
Ou que s'étend la nuit

Femmes

Je vous ai tant rêvées
Je vous ai tant haïes
Je vous ai tant enviées

Tant désirées
Tant fuies

Tant pardonnées
Tant espérées

Tant
Temps

Et le temps est parti
Il s'est enfui

Interdits

Mots pour mots
Dents pour dents
Tout cela a passé
Regards cachés
Sourires discrets
Pas un mot
Pas un bruit
Juste un murmure
Juste une caresse
Je craque
Amour simple et pudique
Jamais n'avouerai
Deux corps qui se fondent
Dans un long baiser
Secret
Aube nouvelle
Sans lendemain

A vous

A vous
Les belles passantes

A vous
Mes belles amantes

A vous
Mes espoirs et mes rêves

A vous
Mes belles Années

Fil aimant

Le fil de l'eau
Le fil du bois
Le fil du récit
Le fil d'Ariane
Le fil du temps
Le fil amant
Qui éclaire mon quotidien
Mais qui rompt plus aisément
Que le fil de la vie
Heureusement

Prison

Tant de temps
A tourner en rond
Tant de temps
A chercher l'espoir
Puis un jour
J'ai croisé ton regard
Et je m'y suis perdu
Depuis je tourne en rond
Avec pour seul espoir
Celui de te revoir

Envies

Étrange sensation que ton absence
Qui m'emplit
D'une douce mélancolie
J'ai envie de toi
De ta présence
De ton âme
De tes sourires
De tes regards
De la chaleur de ton corps
De la douceur de tes lèvres
De la candeur de ton désir
Mais la patience
Donne à ton absence
Toute la justesse du poids de mes rêves
Alors doucement
Je déguste l'amertume du temps
Qui doucement s'écoule
Pour mieux apprécier l'instant
Où ma vie
Redeviendra tienne

Les barbares

Il est revenu
Le temps des barbares

Pas celui
Des guerriers fiers

Celui
De la cohorte des pilleurs
Qui inlassablement suivent les batailles
Et donnent leur âme aux guerres

Si leurs actes
Semblent moins violents
Leurs pensées
Valent largement
Celles de leurs aînés

Leur arme préférée
Est la médiocrité

L'enfant

L'enfant
Que fait l'enfant?

L'enfant joue avec le sable
et fait chanter la plage

De ses doigts alertes
complice de quelques coquillages
Il amuse les vagues

D'un sourire
Il chasse les nuages
Et émerveille le soleil du printemps

L'adulte

L'adulte le regarde
Il frémit
A la caresse du vent qui passe
Le vent de la vie
Qui trop loin de ces beaux rivages
l'entraîne doucement

Larmes

Une larme
Coule sur ma joue
Et tombe
Dans la poussière

Mon fils
Mon aîné
Me regarde
Moi
Son père

Qu'il est beau cet Apollon
Au regard pur
Comme l'azur

Une larme
De mon autre joue
Tombe
Dans la lumière

Taïaut

Je vais partir
Partir là-bas
Ailleurs
Voir de mes yeux
Si la terre est ronde
Ici
Les uns après les autres
Mes rêves se sont perdus
Et je me sens nu
Nu et sale
Sale de cette médiocre vie
Sans saveur et ni devenir
Sale de mes échecs
De ma générosité perdue
Sale de ces peurs
Que l'on me renvoie sans cesse
J'ai dans l'âme
L'odeur des rats et des caniveaux
Alors n'importe quelle embarcation
N'importe quel navire
Fut-il un vieux rafiot
Me semble le plus beau des vaisseaux
Quand je l'imagine
M'emportant à son bord
Vers d'autres rivages
Où l'essence du monde
Serait plus sage

Catimini

Parti dès l'aube
Comme un voleur d'amour

A pas de velours
Sans espoir de retour

Le cœur troubadour
Vers un nouveau jour

Besoin

Besoin perpétuel
De cette âme
De ce corps éperdu
Qui près de moi
S'est étendu

Je l'aime

Les clefs du jardin d'éros

Je les avais perdues
Depuis longtemps
Les clefs du jardin d'éros

Mais de nouveau adolescent
Mon cœur palpite

Je t'attends
Tremblant au milieu de la nuit
Tourmenté de mille questions
Mille angoisses

Et j'ai peur
Peur de mes rêves

M'aimes tu ?

La danse des fées

Toi qui avais de ma jeunesse
Bafoué la naïveté
Toi qui avais de ma tendresse
Joué comme l'on joue aux dés

Sur le rivage du paraître
Lâchement délaissé
J'ai vu à jamais sombrer
Le navire de nos projets

Mais un jour œuvre du temps
L'été sera passé
De cette vie tu ne garderas
Que les pétales fanés

D'où que soufflent les alizés
Continue de vibrer
Car c'est ainsi enivrée
Que l'on s'amourache des fées

Le passage

Perdu ou retrouvé?
Ame qui divague
A la source des remords
Quand s'achève le printemps
Au carrefour des amours désirées
Ivre de mal vivre
A tourner en rond
Au souffle des espoirs inachevés
Saoulé de désillusions
De mains tendues vers le vide
Où pleurent les colombes

Perdu ou retrouvé?
Quelle importance
Quand la boucle est bouclée
Au coeur de la prison surpeuplée
Des contradictions du quotidien
L'enfant mien
Cherche toujours
En son coeur blessé
Le passage secret
Vers sa délivrance

La mer qu'on séquence

Du sillon ruisselant
Quand la petite goutte
Devient la mer
Conséquence de son parcours initiatique

Que le fruit défendu
Dévoré avec tant de hâte
Faisant de la femme fleur
Parfum de toutes convoitises
Le centre
Des océans de la normalité

J'éprouve alors le trouble salée
Fils du masque inutilité
De l'être apparent
Qu'il me faudrait devenir

La pomme

Une pomme trop mure
Désespérément accrochée
A la queue de sa normalité
Qui a peur de choir
D'être croquée
Dégustée dans son âme
Dévorée dans son jus

Car un trognon déshabillé
Posé au soleil dans la mousse
Se dessèche
Ou devient pommier

Esteban

Que sont ils devenus?
Esteban
Tes rêves de fraternité

Dans quel abîme
Ta candeur a t'elle sombré?

Qu'il est impitoyable
Et dur
L'océan de la médiocrité

Qu'il est glacé
Et violent
Le souffle de la lâcheté

Mais au loin
Esteban
Sur l'autre rive
Existe l'île
Dont tu as tant rêvé

Meurtre

Etendue sur la grève
Belle
Emouvante

L'espérance gît là
Morte

Assassinée

Par la main de celui
En qui elle avait cru
Trouver un ami

L'arboriculture

Chaque jour
Plus profondément
Dans les entrailles
Du savoir de la terre

Chaque jour
Plus haut
Cherchant mon chemin
Vers la lumière

Chaque jour
Plus robuste
Je bâtirai la charpente
De mon destin

Héritage

Que feront-ils demain ?
Les enfants de nos enfants
De notre héritage

Que leur restera-t-il ?
De nos pensées étroites
Emmurées de peurs fantasques
En parpaings individuels

Que leur restera-t-il ?
De nos gloires technologiques
Qui mystifient le savoir
Et conjuguent le verbe avoir
Aux mille sujets
Du roi quotidien des larcins

Que leur restera-t-il ?
Quand de notre confort
Ils paieront le prix fort
Et que sur leurs mines personnelles défaites
Restera tatouée à jamais
La souffrance boiteuse
De notre savoir faire pluridisciplinaire
De l'antipersonnel Anti émotionnel Anti spirituel

Que leur restera-t-il ?
Si s'éteignent les poètes
Et que soient perdues ou oubliées
Les senteurs des violettes

Demain

Demain est un autre jour
Hier est déjà loin

Maintenant ma mie
Dévorons la vie

Renaissance

Un désespoir sans fin
Une illusoire attente
Un souffle que l'on retient
Un espoir dans la tourmente
Un vent de déraison
Une vague de démence
Et puis un calme plat

Le silence

Un enfant qui rit
Un instant qui vit
Une poussée d'espérance
Un bourgeonnement de confiance

La renaissance

Amertume

Plus que les refus
Plus que les silences
Plus que les échecs
Plus que les tromperies
Plus que les amitiés perdues

Amère est la sentence
Prononcée avant
Que l'on vous ai connu

Sur le quai je suis resté sans voix
Bénédicte

Condamné
Etranglé
Pendu au fil du téléphone
Exécuté sans appel
Sans lendemain
Sans même une dernière volonté

Mais nous ne connaissons pas

Avais-tu répliqué

Révolution

N'avez vous jamais
Eu envie de tout lâcher

D'abandonner soudain
Les pesanteurs du quotidien
Pour s'en aller loin

Pour s'en aller loin
Le cœur au vent
Les cheveux en bataille
Les yeux pleins d'espoirs
L'esprit ivre de rêves
D'un pas long et ferme
Batir là bas
De ses propres mains
Une citée d'espérance
Un monde plus heureux
Un monde plus humain
Un monde plus serein

N'avez vous jamais
Eu envie de tout lâcher ?

L'arrosoir

Un vieil arrosoir percé
Abandonné
Sur le rebord du parapet
Qui rêve d'être réparé
De reprendre du service
De retrouver son boulot
D'arroseur de végétaux

Quand vient la lune
A la tombée du soir
L'angoisse le ronge
D'être un jour
Un jour de plus
Le gosier à sec

Va-t-on le remplacer
Par un objet sans âme ?
Finira-t-il à la ferraille ?
Abandonné
Par ceux qu'il avait tant servi.